On menace de publier vos photos : que faire maintenant
Quelqu’un menace de publier des images de vous si vous ne payez pas ou n’obéissez pas ? Vous n’êtes pas seul·e et ce n’est pas votre faute. C’est un délit, et il existe des moyens d’agir, sans payer.
Les premières choses à faire
- Ne payez pas et n’envoyez plus rien : payer arrête rarement le chantage, cela le relance souvent.
- Arrêtez la conversation, mais ne supprimez rien : faites des captures (profil, messages, numéros, demandes d’argent).
- Bloquez la personne et signalez son compte à la plateforme.
- Prévenez la police et parlez-en à quelqu’un de confiance. Les numéros d’aide de votre pays sont sur notre page Aide urgente.
- Si des images existent : StopNCII.org (si vous êtes majeur·e) ou Take It Down (images prises avant vos 18 ans) permettent de bloquer leur publication sur de grandes plateformes.
Selon la plateforme
- Facebook Quelqu’un menace de publier vos photos ou messages privés
- Instagram Quelqu’un vous fait chanter avec des images ou messages intimes
- WhatsApp Chantage ou menaces sur WhatsApp : bloquer et signaler
- TikTok Sextorsion : menaces de diffuser des images intimes
- X (Twitter) Menace de publier vos images intimes
- YouTube Menaces ou chantage sur YouTube
- Snapchat Sextorsion : quelqu’un menace de diffuser vos nudes
- Telegram Menaces ou sextorsion sur Telegram
- LinkedIn Menaces ou chantage : formulaire « harcèlement ou problème de sécurité »
- Reddit Quelqu’un menace de publier vos images intimes
- StopNCII.org Quelqu’un menace de partager vos images intimes : bloquez-les à l’avance
- Take It Down (NCMEC) Un mineur (ou ex-mineur) menacé avec ses photos intimes
À éviter
- Ne restez pas seul·e avec ça, et ne vous mettez pas en danger pour « régler ça » vous-même.
Vos recours selon le pays
- Take It Down Act : demander le retrait d’une image intime (48 h) Une loi fédérale américaine oblige les plateformes en ligne à retirer, au plus tard 48 heures après une demande valable, une image intime publiée sans votre accord, qu’elle soit réelle ou fabriquée par IA. Elle protège toute personne reconnaissable sur l’image.
- DSA : signaler un contenu illicite à une plateforme (UE) Dans l’Union européenne, tout service qui héberge des contenus (réseau social, forum, site de partage…) doit permettre de lui signaler en ligne un contenu illicite, examiner ce signalement avec soin et vous informer de sa décision. Ce recours sert pour tout contenu contraire à la loi : image intime, faux profil, diffamation, données personnelles…
- Images intimes diffusées sans votre accord : les recours en France En France, diffuser sans votre accord une image ou un enregistrement à caractère sexuel est un délit, même si vous aviez accepté la prise de vue ou si vous l’aviez prise vous-même. Vous pouvez demander le retrait à la plateforme, porter plainte et, si le site ne répond pas, saisir la CNIL.
- Deepfake sexuel : les recours en France contre un faux contenu Depuis mai 2024, diffuser sans votre accord un montage à caractère sexuel, ou une image, une vidéo ou un son sexuel fabriqué par IA reproduisant votre visage ou votre voix, est un délit en France. Peu importe que le contenu soit faux : c’est justement ce que vise la loi.
- Espagne : le Canal prioritaire de l’AEPD pour les images intimes En Espagne, l’autorité de protection des données (AEPD) dispose d’un « Canal prioritaire » pour demander le retrait urgent de photos, vidéos ou audios à caractère sexuel ou violent publiés en ligne sans consentement. Cette démarche est indépendante d’une plainte à la police ou au parquet.
- Moins de 18 ans en Espagne : une image intime de vous circule Si vous avez moins de 18 ans et que des photos, vidéos ou audios intimes ou violents de vous sont publiés sans votre accord, ce n’est pas votre faute et de l’aide existe. En Espagne, l’autorité de protection des données (AEPD) a un formulaire spécial pour les mineurs afin de demander leur retrait.
- Le registrar d’un nom de domaine ne répond pas : saisir l’ICANN Un site en .com, .net, .org ou dans une autre extension générique est réservé auprès d’un « registrar » (bureau d’enregistrement de noms de domaine). Son contrat avec l’ICANN l’oblige à recevoir les signalements d’abus, à enquêter et à y répondre de façon appropriée. S’il ne le fait pas, vous pouvez porter plainte auprès de l’ICANN.
- StopNCII : aider à empêcher la rediffusion de vos images intimes StopNCII.org est un outil gratuit qui crée sur votre téléphone ou votre ordinateur une « empreinte numérique » de vos images intimes (un code calculé à partir de l’image, qui permet de la reconnaître sans la voir), sans les envoyer. Les plateformes partenaires utilisent cette empreinte pour repérer et retirer ces images.
- Image intime prise avant vos 18 ans : le service Take It Down Take It Down est un service gratuit et anonyme du National Center for Missing & Exploited Children (NCMEC), une organisation américaine de protection de l’enfance. Il aide à retirer ou à bloquer, sur les plateformes participantes, des photos ou vidéos de vous nu(e), à moitié nu(e) ou dans une situation sexuelle, prises avant vos 18 ans. Ce n’est jamais de votre faute.
- RGPD : demander l’effacement de vos données personnelles Dans l’Union européenne, vous pouvez demander à un site, une entreprise ou un service d’effacer des données qui vous concernent (photo, nom, adresse, publication…) dans les cas prévus par le RGPD. Il doit vous répondre dans un délai d’un mois, et la démarche est gratuite.
- Droit à l’oubli : faire déréférencer un lien de Google ou Bing Dans l’Union européenne, vous pouvez demander à un moteur de recherche de ne plus afficher, quand on tape votre nom, un lien vers une page qui vous concerne. On parle de « déréférencement » : la page reste sur le site d’origine, mais elle devient beaucoup plus difficile à trouver.
- DMCA : demander le retrait d’une photo dont vous êtes l’auteur Le DMCA est une loi américaine sur le droit d’auteur. Si une photo ou une vidéo dont vous êtes l’auteur (par exemple un selfie) est publiée sans votre autorisation sur un service soumis au droit américain, vous pouvez envoyer une « notification DMCA » pour demander son retrait.
Si ça ne marche pas
Un formulaire officiel peut rester sans réponse, ou être refusé à tort. Ce n’est pas la fin : il existe d’autres portes, plus lourdes mais efficaces — l’hébergeur du site, la société qui gère son nom de domaine, les lois de votre pays, l’autorité de protection des données. C’est exactement ce que nous faisons pour vous, avec votre accord.
- Le signalement à la plateforme
- La demande écrite à l’éditeur du site
- Le registrar du nom de domaine
- L’hébergeur du site
- Les moteurs de recherche
- L’autorité ou la justice
Questions fréquentes
Et s’ils ont vraiment les images ?
Même dans ce cas, payer ne garantit rien. Les outils comme StopNCII permettent de bloquer à l’avance la publication sur de grandes plateformes, et les publications qui apparaîtraient peuvent être signalées et retirées.
Je suis mineur·e. Que faire ?
Parlez-en tout de suite à un adulte de confiance et à la police. Le service Take It Down aide à faire retirer les images prises avant vos 18 ans. Devuelta ne prend pas de dossier payant concernant une personne mineure : nous vous orientons vers les services officiels, gratuits.
Ces informations vous aident à exercer vos droits. Elles ne remplacent pas l’avis d’un avocat.