Vos photos ou vidéos intimes ont été diffusées : que faire
Ce qui vous arrive n’est pas de votre faute, même si vous aviez envoyé ce contenu vous-même ou accepté au départ. La loi vous protège dans la plupart des pays, et les grandes plateformes ont des procédures prioritaires pour ce type de contenu.
Les premières choses à faire
- Notez les liens (les adresses web) où le contenu apparaît, avec la date. Ne téléchargez pas et ne transférez pas le contenu lui-même.
- Signalez chaque lien avec le formulaire officiel de la plateforme, en choisissant la catégorie « contenu intime partagé sans consentement ».
- Si vous êtes majeur·e, créez une empreinte numérique sur StopNCII.org : les plateformes partenaires pourront bloquer les nouvelles publications de la même image, sans que l’image quitte votre téléphone.
- Demandez aussi le retrait dans les résultats de Google et de Bing : ils ont des formulaires dédiés aux images intimes.
Selon la plateforme
- Facebook Signaler une photo ou vidéo intime publiée sans accord
- Instagram Une photo intime de vous a été publiée sans votre accord
- WhatsApp Signaler l’envoi ou la diffusion d’images intimes
- TikTok Signaler une image intime partagée sans votre accord
- X (Twitter) Signaler une photo ou vidéo intime publiée sans accord
- YouTube Réclamation vie privée : vidéo ou image de vous publiée sans accord
- Snapchat Signaler des photos intimes partagées sans votre accord
- Telegram Faire retirer une photo ou vidéo intime publiée sur Telegram
- LinkedIn Signaler une publication ou un message inapproprié
- Reddit Images intimes partagées (ou menacées de l’être) sans votre accord
- Pornhub (Aylo) Demander le retrait d’une vidéo ou photo publiée sans votre consentement
- Google (Recherche) Retirer de Google des images ou vidéos intimes de vous
- Bing / Microsoft Signaler un contenu à Microsoft / Bing (images intimes, contenus abusifs)
- StopNCII.org Empêcher la diffusion de vos images intimes (18 ans et plus)
- Take It Down (NCMEC) Images intimes prises quand vous aviez moins de 18 ans
À éviter
- Ne payez jamais quelqu’un qui menace de publier : cela arrête rarement le chantage.
- Ne contactez pas directement la personne qui a publié, surtout si elle vous menace.
- N’effacez pas les messages de menace : ce sont des preuves.
Vos recours selon le pays
- Take It Down Act : demander le retrait d’une image intime (48 h) Une loi fédérale américaine oblige les plateformes en ligne à retirer, au plus tard 48 heures après une demande valable, une image intime publiée sans votre accord, qu’elle soit réelle ou fabriquée par IA. Elle protège toute personne reconnaissable sur l’image.
- DSA : signaler un contenu illicite à une plateforme (UE) Dans l’Union européenne, tout service qui héberge des contenus (réseau social, forum, site de partage…) doit permettre de lui signaler en ligne un contenu illicite, examiner ce signalement avec soin et vous informer de sa décision. Ce recours sert pour tout contenu contraire à la loi : image intime, faux profil, diffamation, données personnelles…
- Images intimes diffusées sans votre accord : les recours en France En France, diffuser sans votre accord une image ou un enregistrement à caractère sexuel est un délit, même si vous aviez accepté la prise de vue ou si vous l’aviez prise vous-même. Vous pouvez demander le retrait à la plateforme, porter plainte et, si le site ne répond pas, saisir la CNIL.
- Deepfake sexuel : les recours en France contre un faux contenu Depuis mai 2024, diffuser sans votre accord un montage à caractère sexuel, ou une image, une vidéo ou un son sexuel fabriqué par IA reproduisant votre visage ou votre voix, est un délit en France. Peu importe que le contenu soit faux : c’est justement ce que vise la loi.
- Espagne : le Canal prioritaire de l’AEPD pour les images intimes En Espagne, l’autorité de protection des données (AEPD) dispose d’un « Canal prioritaire » pour demander le retrait urgent de photos, vidéos ou audios à caractère sexuel ou violent publiés en ligne sans consentement. Cette démarche est indépendante d’une plainte à la police ou au parquet.
- Moins de 18 ans en Espagne : une image intime de vous circule Si vous avez moins de 18 ans et que des photos, vidéos ou audios intimes ou violents de vous sont publiés sans votre accord, ce n’est pas votre faute et de l’aide existe. En Espagne, l’autorité de protection des données (AEPD) a un formulaire spécial pour les mineurs afin de demander leur retrait.
- Le registrar d’un nom de domaine ne répond pas : saisir l’ICANN Un site en .com, .net, .org ou dans une autre extension générique est réservé auprès d’un « registrar » (bureau d’enregistrement de noms de domaine). Son contrat avec l’ICANN l’oblige à recevoir les signalements d’abus, à enquêter et à y répondre de façon appropriée. S’il ne le fait pas, vous pouvez porter plainte auprès de l’ICANN.
- StopNCII : aider à empêcher la rediffusion de vos images intimes StopNCII.org est un outil gratuit qui crée sur votre téléphone ou votre ordinateur une « empreinte numérique » de vos images intimes (un code calculé à partir de l’image, qui permet de la reconnaître sans la voir), sans les envoyer. Les plateformes partenaires utilisent cette empreinte pour repérer et retirer ces images.
- Image intime prise avant vos 18 ans : le service Take It Down Take It Down est un service gratuit et anonyme du National Center for Missing & Exploited Children (NCMEC), une organisation américaine de protection de l’enfance. Il aide à retirer ou à bloquer, sur les plateformes participantes, des photos ou vidéos de vous nu(e), à moitié nu(e) ou dans une situation sexuelle, prises avant vos 18 ans. Ce n’est jamais de votre faute.
- RGPD : demander l’effacement de vos données personnelles Dans l’Union européenne, vous pouvez demander à un site, une entreprise ou un service d’effacer des données qui vous concernent (photo, nom, adresse, publication…) dans les cas prévus par le RGPD. Il doit vous répondre dans un délai d’un mois, et la démarche est gratuite.
- Droit à l’oubli : faire déréférencer un lien de Google ou Bing Dans l’Union européenne, vous pouvez demander à un moteur de recherche de ne plus afficher, quand on tape votre nom, un lien vers une page qui vous concerne. On parle de « déréférencement » : la page reste sur le site d’origine, mais elle devient beaucoup plus difficile à trouver.
- DMCA : demander le retrait d’une photo dont vous êtes l’auteur Le DMCA est une loi américaine sur le droit d’auteur. Si une photo ou une vidéo dont vous êtes l’auteur (par exemple un selfie) est publiée sans votre autorisation sur un service soumis au droit américain, vous pouvez envoyer une « notification DMCA » pour demander son retrait.
Si ça ne marche pas
Un formulaire officiel peut rester sans réponse, ou être refusé à tort. Ce n’est pas la fin : il existe d’autres portes, plus lourdes mais efficaces — l’hébergeur du site, la société qui gère son nom de domaine, les lois de votre pays, l’autorité de protection des données. C’est exactement ce que nous faisons pour vous, avec votre accord.
- Le signalement à la plateforme
- La demande écrite à l’éditeur du site
- Le registrar du nom de domaine
- L’hébergeur du site
- Les moteurs de recherche
- L’autorité ou la justice
Questions fréquentes
Et si c’est moi qui avais envoyé la photo ?
Avoir partagé une image avec quelqu’un ne l’autorise pas à la publier. Vous pouvez demander le retrait en expliquant que vous ne consentez pas, ou plus, à cette diffusion.
Combien de temps faut-il pour obtenir le retrait ?
Cela dépend du site. Les grandes plateformes répondent souvent en quelques jours. Aux États-Unis, la loi TAKE IT DOWN impose aux plateformes concernées de retirer le contenu sous 48 heures après une demande valable. Les petits sites anonymes demandent plus de démarches.
Dois-je porter plainte ?
C’est votre choix. Diffuser une image intime sans accord est une infraction dans de nombreux pays, dont la France, l’Espagne, le Mexique et les États-Unis. La plainte n’est pas obligatoire pour demander le retrait, mais elle est recommandée en cas de menace ou de chantage.
Ces informations vous aident à exercer vos droits. Elles ne remplacent pas l’avis d’un avocat.